Vincent Duclert et la banalisation de l’antisémitisme

Cynthia Fleury

Cynthia Fleury est philosophe et psychanalyste, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers et au GPU Paris «Psychiatrie et Neurosciences». Elle est notamment l’auteur de Ci-gît l’amer. Guérir du ressentiment paru aux éditions Gallimard en 2020. Cette chronique est d’abord parue dans le journal L’Humanité du 26 novembre 2021.

C’était la une de la revue Cités, une revue de philosophie contemporaine dirigée par Yves Charles Zarka, qui a fêté ses vingt ans en 2021 : «L’antisémitisme : permanence et métamorphoses». Et comme en écho, en cet automne 2021, c’était aussi le vif plaidoyer de Vincent Duclert, paru chez Gallimard sous le titre Premiers combats. La démocratie républicaine et la haine des Juifs.
À l’heure où j’écris, souligne l’historien, «une génération s’en va», sans assurance aucune que le «Plus jamais ça» sera tenu. Car depuis plusieurs années maintenant, en Europe comme en France, «l’expression antisémite» se répand. Depuis 2006 et la mort de Ilan Halimi jusqu’à l’assassinat de Sarah Halimi (2017), puis celui de Mireille Knoll (2018), sans oublier la prolifération des slogans antijuifs scandés régulièrement dans les manifestations de type Gilets jaunes ou antivax.

Ces derniers lieux d’expression ne sont nullement anecdotiques, tant on y perçoit l’atteinte à la «raison démocratique» qui se cache derrière toute pulsion antisémite.

[...] Suite de la contribution dans le livre L'invisible de la rue Vaucouleurs

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