Une prise de conscience urgente et nécessaire

Karen Taïeb

Karen Taïeb est adjointe à la maire de Paris en charge du patrimoine, de l’histoire de Paris et des relations avec les cultes.

Je n’oublierai jamais cette marche blanche, roses à la main, veille de Pessah, sur le boulevard de Belleville. Nous étions silencieux, abasourdis, la colère enfouie tant la sidération, proportionnelle à la monstruosité que venait de subir cette douce septuagénaire, était immense.
On venait de tuer à Paris une femme juive qui n’aspirait qu’au bonheur de sa fraîche retraite après des années de vie au service des autres. Sarah Halimi était médecin et directrice de crèche.
Ce sombre jour, Sarah Halimi venait d’être assassinée, défenestrée après avoir été brutalisée et brisée.
Les mots de son frère pour décrire l’état de son corps abandonné dans la cour de son petit immeuble de la rue Vaucouleurs sont glaçants.
Devant l’immeuble, des voisins effarés disaient combien Sarah Halimi était une femme exemplaire.
Très vite, au vu de ce qu’il se racontait à propos des mots que son meurtrier avait scandés dans son action macabre, le verdict s’écrivait.
À l’horreur du meurtre s’ajoutait son caractère antisémite. Paris venait d’être une fois de plus le théâtre d’un crime antisémite. Un crime antisioniste. Car la haine d’Israël assassine. On l’a vu à Toulouse, on l’a vu à l’Hypercacher de la Porte de Vincennes.

[...] Suite de la contribution dans le livre L'invisible de la rue Vaucouleurs

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