Le meurtrier de Sarah Halimi a passé son enfance dans les foyers éducatifs de l’Aide sociale à l’enfance, après y avoir été placé, à l’âge de dix ans, pour avoir agressé une femme âgée. Les éducateurs se sont longtemps interrogés sur les causes de sa violence, jusqu’à ce qu’un ethnopsychiatre, mandaté par un juge des enfants, l’examine. La conduite du jeune Traoré était liée, selon lui, à un rituel animiste : sa mère n’aurait pas respecté la durée convenue de veuvage suite à la mort du père. Ainsi, l’âme errante de ce dernier aurait hanté la famille pour réclamer vengeance contre sa mère et serait venue enlever la vie au petit frère de Kobili, alors âgé de onze ans, entraînant une dépression sévère.
L’âme errante du père
Une dispute avec son beau-père, la veille du crime, aurait enclenché l’engrenage criminel. La figure de Sarah Halimi, sa voisine du dessus, serait ainsi venue se substituer à la figure de sa mère comme objet d’une vengeance paternelle, dont Kobili n’aurait été que l’instrument. Un an avant la nuit fatale du 4 avril 2017, il avait déjà agressé sa voisine du septième étage, une vieille dame d’origine asiatique. Le ressort psychique de l’agression d’une femme âgée est donc puissant et ancien.