L’antisémitisme a ceci de particulier que c’est une idéologie, une vision du monde, parfois articulée, le plus souvent d’une confusion totale, fondée uniquement sur un rejet, une négation, une volonté d’exclure voire d’annihiler un groupe, et même un peuple tout entier. Le Juif, les Juifs, y sont définis d’abord et avant tout comme des ennemis, quelles que soient les manières de les catégoriser : par la religion, par la biologie, par la position sociale ou par l’attachement à l’existence de l’État d’Israël. Certes, l’antisémitisme n’est parfois qu’une composante d’une doctrine plus englobante, le nationalisme exclusif ou le djihadisme, qui désignent également d’autres cibles, mais il y prend souvent une dimension hors de proportion, jusqu’à en devenir l’élément central, comme ce fut le cas avec le nazisme.
Dans le djihadisme comme dans le nazisme,
la haine des Juifs devient centrale.
L’antisémitisme n’a, la plupart du temps, aucune autre visée sinon l’illusion paranoïaque de purifier un territoire, voire le monde tout entier : c’est le point commun de tous les comportements et pensées d’exclusion, c’est la base de tous les génocides. Il ne prétend rien construire en retour, même sur des ruines; il est l’expression d’une haine à l’état pur. Toutefois, au regard d’autres «racismes», l’originalité de l’antisémitisme est de s’inscrire dans une tradition plurimillénaire. Il continue de tuer, encore et encore, sous les motifs les plus divers, y compris là où l’on pensait le fléau sinon éteint, du moins atténué.
Un devoir de mémoire (fidélité),
un devoir d’histoire (éducation)
et un devoir de résistance (survie).