Fils de magistrat, neveu de magistrats, frère d’une magistrate, j’ai été élevé dans une famille où la religion se confondait à l’amour du droit et de la justice. «Que la justice, la justice seule, soit ton but. »
Alors dans mon cœur, j’ai été doublement meurtri : par l’assassinat de Sarah Halimi, mais, tout autant, par le déni de justice découlant à mes yeux de la jurisprudence de la Cour de cassation.
Sa décision ne doit pas être analysée à l’aune de l’antisémitisme (même si on ne peut exclure qu’il ait pu influencer l’opinion de tel ou tel acteur de la chaîne procédurale), mais comme une démission délibérée de l’institution judiciaire suprême à s’approprier les fonctions lourdes et éminentes que la nation lui délègue.