Madame Sarah Halimi, toujours dans nos mémoires

Lili Leignel

Lili Leignel, née Keller-Rosenberg, est rescapée de la Shoah et messagère auprès des écoles, « passeur de mémoire ».

L’horrible assassinat de Madame Sarah Halimi m’a beaucoup affectée, j’étais bouleversée. Comment, à notre époque et dans notre France où il y a de l’humanisme, a-t-on pu en arriver là ? Comment une telle haine a-t-elle pu se concevoir, germer dans un esprit machiavélique ?
Je suis atterrée… Je sais fort bien que, de nos jours encore, l’antisémitisme perdure.
Après six millions de morts juifs, la haine est encore présente chez certains individus. C’est intolérable.


Après six millions de morts juifs, la haine est encore présente chez certains individus. C’est intolérable.


Moi, déportée enfant, avec ma famille, dans les camps de concentration de Ravensbrück et Bergen -Belsen, mon Papa a été assassiné par les nazis à Buchenwald.
Je lutte sans fin depuis quarante ans pour éclairer la jeunesse sur ces horreurs du passé, sur le nazisme et ses funestes conséquences. J’ai rencontré des dizaines de milliers d’élèves, des lycéens, des collégiens, et même des primaires pour leur expliquer ce qui fut.
Ils ont des cours d’histoire sur la Seconde Guerre mondiale, mais ils ignorent les souffrances des déportés et les abominations commises. Mes témoignages à l’infini leur sont utiles.
Ces jeunes seront plus tard des messagers qui entretiendront la « mémoire » indispensable sur ces génocides monstrueux. Je compte sur eux et je crois en eux.

Ces jeunes seront plus tard des messagers qui entretiendront la « mémoire » indispensable sur ces génocides monstrueux.


Je leur demande de combattre le racisme, un fléau de notre époque, de combattre l’antisémitisme qui
perdure, de combattre la xénophobie, la haine de l’étranger.
Je leur demande d’être tolérants, de se supporter les uns les autres avec leurs différences qui les enrichissent.
Il ne faut plus jamais de haine. Il faut bannir à tout jamais la haine qui n’apporte que des malheurs partout. C’est la haine qui a tué Sarah Halimi, cette personne si cultivée, si attachante, discrète et généreuse.

C’est la haine qui a tué Sarah Halimi, cette personne si cultivée, si attachante, discrète et généreuse.


Elle restera toujours dans notre mémoire. Sa mort ne doit pas rester vaine, et c’est en éclairant les consciences que l’on parviendra à un humanisme et à un monde de tolérance, de respect et d’acceptation de l’autre dans sa différence.
C’est ma mission de « passeur de mémoire ».

Retrouvez toutes les contributions dans le livre