Le chahid

Sam Tyano

Sam Tyano est psychiatre, professeur émérite en psychiatrie générale et psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à la faculté de médecine de l’Université de Tel Aviv.

Ce texte est une piste personnelle de réflexion. Je l’ai élaborée à partir des documents que j’ai pu me procurer sur l’affaire, étant entendu que l’on ne saurait poser un diagnostic sans avoir examiné le sujet.

Manque d’empathie

Commençons par l’anamnèse, c’est-à-dire une reconstitution de l’histoire pathologique d’un malade. Dans le cas de Kobili Traoré, nous manquons d’informations sur son enfance, sinon qu’il est placé en internat par un juge d’instruction dès l’âge de huit ans pour troubles de la conduite et agressivité. Il a été rejeté de toutes les institutions scolaires à cause de son inadaptation et de sa violence, et n’a jamais réussi à se réinsérer par la suite, ayant travaillé au maximum six mois sur une période de dix ans.

Au cours de son adolescence, il a affaire à la police à maintes reprises suite à différents forfaits (agressions, port d’arme prohibée en 2012, trafic de stupéfiants…), nous laissant croire en la répétition d’actes criminels sans aucune amélioration clinique ou sociale. Enfin, par son manque d’empathie, on ne lui connaît aucune amitié durable.

Les antécédents de l’acte criminel? Trois mois avant la date du crime, ce jeune délinquant avait changé de «dealer» personnel. C’est aussi à ce moment-là qu’il s’est mis à fréquenter régulièrement la mosquée Omar, connue pour être une des plus radicales de Paris. On relève que pendant qu’il suppliciait Sarah Halimi, il récitait des passages du Coran sans aucun trouble manifeste du discernement.

[...] Suite de la contribution dans le livre L'invisible de la rue Vaucouleurs

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