Pourquoi avoir voulu tuer deux fois Sarah Halimi? Au-delà du crime atroce, le refus de reconnaître ce crime pour ce qu’il était, à savoir un crime antisémite, interpelle. Le refus d’inscrire cette femme dans notre mémoire collective comme victime de la peste antisémite témoigne d’un déni qui est non seulement une manière de tuer une deuxième fois Sarah Halimi, mais également le révélateur d’un antisémitisme multiforme qui travaille la société française. La première question qui vient à l’esprit est celle-ci : pourquoi le doute est-il systématiquement de mise lorsqu’une infraction de caractère évidemment antisémite (ce que révèlent les propos des agresseurs et le choix délibéré des victimes) est commise?
Ce refus d’appeler un chat un chat et de qualifier un crime d’antisémite témoigne d’une forme de veulerie liée à la peur de susciter des réactions de la part de groupes dont l’antisionisme est devenu le viatique de l’antijudaïsme.