«Le genre humain ne peut pas supporter trop de réalité.» Cependant, ce qui se passe dans notre pays lorsque la réalité concernée est la haine des Juifs ne relève pas de cette paresse ordinaire. Qui sondera la profondeur du trouble qui saisit les institutions et l’opinion lorsque la réalité de l’antisémitisme éclate aux yeux de tous dans le meurtre d’enfants juifs, le supplice et le meurtre d’un jeune homme juif, ou de vieilles dames juives?
La haine est une disposition de la volonté
La réalité de l’antisémitisme… Le mot qui désigne la chose sert aujourd’hui principalement à la cacher. Comment autrement, si le mot gardait un sens clair, l’institution judiciaire, ayant à connaître du meurtre de Sarah Halimi, aurait-elle pu considérer qu’il n’y avait pas de contradiction entre la reconnaissance du caractère antisémite du meurtre et l’irresponsabilité jugée entière du meurtrier? Tout le déroulement du meurtre explicitait son motif, une haine des Juifs qui n’essayait pas de se cacher et même s’exhibait. La haine est une disposition de la volonté. Les actes qu’elle motive sont par définition imputables à celui qui hait.