On ne peut pas lire le récit du calvaire de Sarah Halimi sans ressentir un profond sentiment de révolte. Mais hélas, l’inhumanité fait partie de la nature humaine et notre monde n’est pas avare de faits divers sordides. Le problème est justement que l’affaire Sarah Halimi n’est pas un fait divers, mais relève d’un passage à l’acte qui participe d’un imaginaire et de représentations qui font de l’exécution des Juifs une eschatologie islamique. Or cette réalité, le pouvoir politique comme l’autorité judiciaire refusent de l’affronter, parce qu’elle les met en face d’un séparatisme qui excède le basculement d’une minorité de fanatiques dans le djihadisme. Elle manifeste la présence dans notre pays de représentations incompatibles avec notre contrat social, liant la citoyenneté à la reconnaissance de l’égalité des êtres humains et de leur liberté de conscience. Elle témoigne d’un combat idéologique qui refuse les fondamentaux de notre civilisation. Elle exprime la renaissance d’un totalitarisme face auquel les Européens sont désarmés, car ils ne savent plus quels sont les idéaux qui fondent leur civilisation. La mort de Sarah Halimi témoigne de l’incapacité de la justice à prendre la mesure du retour de la violence antisémite et totalitaire; elle témoigne aussi d’un déni politique et social face au retour de la Bête immonde.
Un acte inscrit dans un imaginaire
qui fait de l’exécution des Juifs
une eschatologie.