Au sein de l’université, lieu où se forme l’élite de la nation, la Semaine contre l’apartheid israélien a pour objet de « renforcer l’adhésion au mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) à travers le monde » et de « faire d’Israël un État paria ». En août 2022, dans la Revue des Deux Mondes, Pierre-André Taguieff rappelle que l’accusation d’apartheid relève du mythe politique. Il souligne que l’antisionisme radical – dont le but est l’effacement d’Israël – s’exprime dans les mouvements d’extrême gauche : « L’erreur fondamentale dans l’analyse de l’antisémitisme contemporain consiste à ne pas voir sa nouvelle matrice, à savoir le couple formé par l’antisionisme radical et l’islamisme. »
Pierre-André Taguieff rappelle que l’accusation d’apartheid relève du mythe politique.
C’est ainsi que l’on peut décrypter le phénomène mondial de diabolisation d’Israël. Un exemple : depuis 2014, la Semaine contre l’apartheid israélien rassembla les détracteurs d’Israël sur le campus de l’Université du Mirail, à Toulouse. En 2017, l’Union des étudiants toulousains voulut maintenir la manifestation en dépit du refus du président de l’Université Jean-Jaurès, où elle devait se tenir. En 2012, à Toulouse, les mensonges dont Israël demeure l’objet avaient conduit Mohamed Merah à assassiner des Juifs, dont trois enfants.
Un « pseudo-antiracisme islamophile »
La propagande de l’extrême gauche avance sous couvert de « pseudo antiracisme islamophile », remarque Taguieff. J’ajoute que cette stance, associée au wokisme, a contaminé les universités, en particulier américaines. À Grenoble, Klaus Kinzler, un professeur de Science Po, a osé dénoncer un climat de « rééducation politique ». Relevons son refus de mettre sur le même plan antisémitisme et islamophobie. En Californie, une professeure d’université, Tammi Benjamin, a cofondé AMCHA Initiative, organisation offrant diverses mesures pour lutter contre le harcèlement des étudiants juifs et les manifestations d’antisionisme radical.
Cette stance, associée au wokisme,
a contaminé les universités, en particulier américaines.
Même à l’Université de l’Indiana, longtemps préservée des flambées de judéophobie, en 2021, les mezouzah placées à l’entrée des logements universitaires furent arrachées et remplacées par des pièces collées sur les fronteaux… Effacement du Nom ? Cancel culture ?