Avec nos frères aînés

Monseigneur Laurent Ulrich

Monseigneur Laurent Ulrich est archevêque de Paris.

Depuis le 4 avril 2017, l’émotion créée par le meurtre de Madame Sarah Halimi ne faiblit pas. Certes, le caractère antisémite du geste de l’assassin est reconnu dans l’acte d’accusation, mais seulement dix mois après l’odieux crime. Et l’émotion redouble lorsque l’on apprend que celui qui est mis en examen ne sera pas jugé en raison de l’irresponsabilité pénale. C’est avec justesse que Monseigneur Thibault Verny, évêque auxiliaire de Paris et chargé, au nom des évêques de France, des relations avec le judaïsme, a déclaré : «Il appartient au législateur de faire en sorte
qu’il n’y ait pas d’irresponsabilité pénale lorsque le trouble mental est lié à la consommation récente de stupéfiants.»

Une vie habitée par le souci d’autrui

Madame Sarah Halimi, qui habitait depuis longtemps dans ce quartier parisien, était connue comme une juive pratiquante et une personne engagée au service des autres : médecin puis directrice de crèche, sa vie fut habitée par le souci d’autrui, et les témoignages recueillis dans cet ouvrage le disent mieux que tout. Personne ne peut supporter qu’une femme de bien soit assassinée, seule et sans défense. Ce crime témoigne de la permanence d’un antisémitisme qui continue de sévir dans notre pays, comme à travers le monde. Il n’est nul besoin du crime de sang pour qu’il soit combattu avec énergie : dès qu’il s’immisce dans la conscience et commence de s’exprimer avec des mots, il est déjà honteux.

Une dignité dont Primo Levi
observait que chacun la révèle
en l’autre en la respectant
en lui-même.

[...] Suite de la contribution dans le livre L'invisible de la rue Vaucouleurs

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